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Combien emprunter pour un premier achat immobilier ?

Capacité d'emprunt primo-accédant : règles clés, simulation et leviers pour emprunter plus. Guide clair et chiffré pour votre premier achat.

financementcapacité d'emprunt
Antoine Lemoine

Publié le 11 juillet 2026

par Antoine Lemoine

Couple primo-accédant calculant leur capacité d'emprunt immobilier

📌 POINTS À RETENIR

  • La règle des 35 % de taux d'endettement est le premier plafond à connaître avant toute simulation.
  • Avec 2 500 € nets/mois, on peut viser environ 175 000–185 000 € sur 25 ans (hors aides).
  • L'apport personnel, la durée et les aides comme le PTZ sont les trois leviers pour emprunter plus.
  • Une simulation auprès d'un courtier reste plus fiable qu'un calculateur en ligne.

⏱️ Temps de lecture : ~6 min


Vous avez un salaire, un projet d'achat, et une grande question : combien la banque va-t-elle vraiment vous prêter ? C'est souvent la première chose qu'on veut savoir — et paradoxalement, l'une des moins bien expliquées.

Combien peut-on emprunter pour un premier achat immobilier ? En règle générale, votre mensualité de remboursement ne peut pas dépasser 35 % de vos revenus nets mensuels. Sur cette base, avec 2 500 € nets, vous pouvez viser environ 175 000 à 185 000 € sur 25 ans, hors aides comme le PTZ.

Mais ce chiffre brut ne dit pas tout. La durée du prêt, votre apport, vos charges existantes et les aides disponibles font bouger la ligne de façon significative. Voici comment lire correctement votre capacité d'emprunt avant de pousser la porte d'une banque.

La règle des 35 % : le premier chiffre à connaître

Depuis janvier 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) impose aux banques de respecter un taux d'endettement maximal de 35 % — assurance emprunteur incluse. Concrètement, si vous gagnez 3 000 € nets par mois, votre mensualité totale (prêt + assurance) ne peut pas dépasser 1 050 €.

C'est le plafond légal. Dans la pratique, la plupart des banques l'appliquent assez strictement — surtout en période de taux élevés.

⚠️ ERREUR COURANTE : beaucoup de primo-accédants oublient d'inclure l'assurance emprunteur dans le calcul du taux d'endettement. Elle peut représenter 0,20 à 0,50 % du capital emprunté par an — soit 40 à 80 € par mois sur 200 000 €. Ça change le chiffre.

Les banques disposent toutefois d'une marge de flexibilité sur 20 % de leurs dossiers, réservée en priorité aux primo-accédants achetant leur résidence principale. Ce n'est pas automatique, mais ça existe — et certains établissements l'utilisent plus que d'autres.

Revenus pris en compte : ce que la banque retient vraiment

Dossier de prêt immobilier posé sur un bureau avec calculatrice et stylo

Le salaire net, c'est la base. Mais tout n'est pas pris à 100 %.

Revenus intégralement retenus :

  • Salaire net en CDI (hors période d'essai)
  • Revenus d'un fonctionnaire titulaire
  • Retraite

Revenus partiellement retenus (souvent à 70 %) :

  • Revenus locatifs existants
  • Primes récurrentes si justifiables sur 3 ans
  • Revenus d'indépendant ou de gérant (moyenne des 3 derniers bilans)

Revenus généralement exclus :

  • Allocations familiales
  • Primes exceptionnelles
  • Revenus de CDD ou d'intérim (sauf ancienneté significative dans le même secteur)

💡 ASTUCE : si vous êtes en couple, la banque additionne vos deux revenus. Même un deuxième salaire modeste améliore nettement la capacité d'emprunt commune — et rassure sur la continuité en cas de coup dur.

Antoine Lemoine

Le conseil de Antoine

Après 10 ans à monter des dossiers de crédit, j'ai vu beaucoup de primo-accédants sous-estimer leurs propres revenus retenus — et d'autres surestimer leurs primes. Mon conseil : demandez à votre banque (ou à votre courtier) quels revenus elle retient exactement avant de faire vos calculs. Ça évite les mauvaises surprises en phase de simulation.

Pour aller plus loin sur la façon de construire votre plan de financement global, notre guide complet sur le financement immobilier primo-accédant détaille les différentes briques à assembler (prêt principal, PTZ, PAS, assurance).

Exemples concrets selon le salaire

Voici des ordres de grandeur pour un emprunt seul, sur 25 ans, à un taux moyen de 3,5 % (assurance incluse), avec un taux d'endettement à 35 % :

Revenus nets mensuelsMensualité max (35 %)Capital empruntable (25 ans, 3,5 %)
2 000 €700 €~140 000 €
2 500 €875 €~175 000 €
3 000 €1 050 €~210 000 €
4 000 €1 400 €~280 000 €
5 000 €1 750 €~350 000 €

Ces chiffres sont des estimations. Le taux réel obtenu dépend de votre profil, de l'établissement et du moment de la demande. Capital.fr propose régulièrement des simulations actualisées selon les barèmes du marché.

⚠️ ERREUR COURANTE : se limiter à la simulation en ligne. Les calculateurs grand public ne tiennent pas compte de vos charges existantes (crédit voiture, découvert récurrent, pension alimentaire). Une mensualité de crédit auto de 250 €/mois, ça réduit d'autant votre enveloppe disponible — automatiquement.

Les trois leviers pour emprunter plus

Trois blocs empilés symbolisant l'apport, la durée et les aides immobilières

Quand la capacité d'emprunt semble insuffisante pour le bien visé, il y a trois variables sur lesquelles on peut agir.

1. Allonger la durée

Passer de 20 à 25 ans réduit la mensualité — et donc augmente le capital accessible. La différence peut être significative : sur 200 000 € à 3,5 %, allonger de 20 à 25 ans fait baisser la mensualité d'environ 130 €. Ce n'est pas neutre sur le coût total (plus d'intérêts payés), mais ça débloque parfois un dossier.

Les banques accordent des durées jusqu'à 25 ans en règle générale, et jusqu'à 27 ans dans certains cas (VEFA, travaux importants).

2. Augmenter l'apport personnel

L'apport personnel ne fait pas mécaniquement monter la capacité d'emprunt (la règle des 35 % reste la même), mais il rassure la banque et peut faire baisser le taux obtenu. Un apport de 10 % du prix couvre au minimum les frais de notaire — c'est le minimum recommandé pour ne pas emprunter « dans le rouge ».

Si votre apport est limité, notre panorama des aides et dispositifs pour primo-accédants liste les solutions pour le compléter : PTZ, Action Logement, BRS, aides locales.

3. Mobiliser les aides

Le PTZ (Prêt à Taux Zéro) peut représenter jusqu'à 50 % du coût de l'opération selon la zone géographique et les revenus du foyer — sans intérêts à payer. Il ne remplace pas le prêt principal, mais il réduit la mensualité globale, ce qui libère de la capacité.

💡 ASTUCE : le PTZ n'est pas comptabilisé dans le taux d'endettement de la même façon selon les banques. Certaines intègrent sa mensualité à 100 %, d'autres l'excluent pendant la période de différé. Vérifiez comment votre établissement le traite — ça peut changer le calcul de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Pour comprendre comment le PTZ s'articule avec les autres aides, consultez le site officiel Service-Public.fr sur le PTZ.

Antoine Lemoine

Le conseil de Antoine

Dans ma pratique, je vois souvent des primo-accédants qui arrivent chez leur banque sans avoir simulé le PTZ. Résultat : la banque calcule un plan de financement sans l'intégrer, et le projet semble hors de portée. En ajoutant le PTZ au montage, on récupère parfois 30 000 à 50 000 € de capacité — sans toucher au revenu. C'est une aide trop souvent sous-utilisée faute d'information.

Une fois votre capacité d'emprunt clarifiée, l'étape suivante est de comprendre comment les étapes d'achat s'enchaînent. Notre guide des démarches d'achat immobilier vous explique comment avancer dans le bon ordre — du budget jusqu'à la signature chez le notaire.

Pour aller plus loin, Finance Insiders détaille les spécificités d'un premier crédit immobilier à 30 ans et les critères réels d'acceptation par les banques en 2026.

FAQ — Capacité d'emprunt primo-accédant

Comment calculer sa capacité d'emprunt pour un premier achat ?

On multiplie ses revenus nets mensuels par 35 % pour obtenir la mensualité maximale autorisée. On simule ensuite sur la durée souhaitée et au taux du marché pour déduire le capital empruntable. Une simulation auprès d'un courtier reste plus fiable qu'un calculateur en ligne, car elle intègre vos charges réelles et les spécificités de votre dossier.

Peut-on emprunter sans apport pour un premier achat immobilier ?

C'est possible mais rare. Les banques acceptent parfois les profils très solides (CDI avec ancienneté, épargne résiduelle significative), mais dans la grande majorité des cas, un apport d'au moins 10 % du prix du bien est attendu — ne serait-ce que pour couvrir les frais de notaire. Moins d'un dossier sur vingt est accordé à 110 % (sans apport) en 2025.

Le taux d'endettement de 35 % est-il vraiment bloquant ?

C'est une règle imposée par le HCSF que les banques doivent respecter sur 80 % de leurs dossiers. Les 20 % restants permettent des dérogations, notamment pour les primo-accédants achetant leur résidence principale. Un courtier sait quels établissements utilisent ces marges de flexibilité — et pour quels profils.

Combien peut-on emprunter avec 2 500 € nets par mois ?

Avec 2 500 € nets, la mensualité maximale à 35 % est de 875 €. Sur 25 ans à un taux de 3,5 % (assurance incluse), cela représente environ 175 000 à 185 000 € de capital empruntable. Le PTZ et les autres aides peuvent s'y ajouter pour augmenter l'enveloppe totale disponible.

Conclusion

La capacité d'emprunt n'est pas un chiffre fixe. C'est le résultat d'une équation avec plusieurs variables : vos revenus retenus, vos charges, la durée choisie, le taux obtenu et les aides mobilisées.

Retenir trois points essentiels :

  • 35 % de taux d'endettement maximum — assurance incluse, charges déduites
  • La durée et le PTZ sont vos deux premiers leviers avant même de penser à augmenter votre apport
  • Une simulation bancaire sans courtier vous montre une seule offre — pas forcément la meilleure pour votre profil

Si votre projet d'achat se précise, la meilleure décision est de faire simuler votre dossier par un professionnel avant de visiter des biens. Cela vous évite de tomber amoureux d'un logement hors de portée — et vous permet de négocier avec une vraie lettre d'intention de financement en main. N'hésitez pas à nous contacter pour échanger sur votre situation.

Antoine Lemoine

Courtier en crédit immobilier depuis plus de 10 ans, j'accompagne chaque année plusieurs dizaines de primo-accédants dans le montage de leur dossier de financement. Après des débuts en agence immobilière puis plusieurs années en banque de réseau, j'ai choisi l'indépendance pour proposer un accompagnement neutre, sans pression commerciale. Mon rôle : décrypter les taux, comparer les offres et sécuriser chaque étape, de la simulation à la signature chez le notaire. Je partage ici les mêmes explications que je donne à mes clients, sans jargon inutile.